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Volevatch / Un peu d’histoire /

La petite histoire de la salle de bains  
   

L’histoire de la salle de bains moderne en Europe remonte au XVIIIème siècle, même si la baignoire n’est pas une invention récente. On trouve des traces de baignoires en métal dès le moyen-âge.
Déjà Saint-Louis se retrouvait seul dans sa baignoire qui la suivait dans tous ses déplacements.
A Versailles, sous Louis XIV, on dénombrait plus de cent salles de bains. Et Napoléon avait fait installer une salle d’eau dans toutes ses résidences.

Géographiquement l’histoire moderne de la salle de bains en tant que pièces d’eau séparée du reste de la maison est partie de la France et de l’Angleterre avec quelques spécificités. Pour l’Angleterre qui possédait un meilleur réseau sanitaire au XVIIIème siècle, elle fabriquait les plus belles faïences peintes tandis que la France produisait des meubles de toilettes plus travaillés et une robinetterie plus complexe. L’histoire de la salle de bains a suivi la progression des techniques en matière d’hygiène urbaine.
En effet au XVIIIème siècle il existait des marchands d’eau chaude. L’alimentation se faisait à l’aide de seaux directement dans la baignoire.
Ceux qui ne possédaient pas de baignoire, la majorité de la population de l’époque, pouvaient les louer directement chez ces fameux marchands.
Les bourgeois aisés quant à eux, possédaient généralement deux baignoires : l’une pour se laver, l’autre pour se rincer.
Les baignoires, en cuivre à l’époque, étaient petites, épousaient le corps et avaient la forme d’un cercueil afin d’économiser un maximum l’eau. On retrouve la trace de ce type de baignoire souvent entourée d’un coffrage bois, fermée par un double couvercle pour garder la chaleur dès le début du XVIIIème siècle. Suivant les modèles certaines, pour les plus sophistiquée, possédaient un logement intégré, spécial, pour accueillir des braises. Dans les autres cas on rajoutait un récipient à l’intérieur afin de maintenir une température agréable plus longtemps.

Au début du XIX siècle, les robinets à boisseau (utilisés par les tonneliers) reliaient les réserves d’eau installées sur le toit. Ils alimentaient : baignoire et meubles de toilettes.

Au XIX siècle, une fameuse invention, le trop plein, allait résoudre les problèmes de vidange et de sécurité. Puis le chauffe-eau à bois résolut, un peu plus tard, le problème de l’eau chaude et a permis l’élargissement des baignoires pour un meilleur confort du baigneur. On en retrouvera sur les catalogues des fournisseurs jusque dans les années 20.

Ces baignoires sont formées de plusieurs feuilles de cuivre, (dont une pour le fond) assemblées en queue d’aronde puis soudées à la forge. Le socle était constitué d’une barre de fer recouvert d’une feuille de cuivre qui donnait la forme, la rigidité et l’assise à la baignoire. Elles étaient étamées à l’intérieur puis au XXème siècle nickelée. Le problème le plus important posé, lors de la restauration de ce type de pièce, provient du fait que la barre de socle en fer était la plupart du temps rongée par la rouille, ce qui impliquait de défaire l’ourlet de cuivre pour changer cette barre.

On retrouve une évolution similaire pour le meuble de toilette.

Au départ et après l’arrivée de la baignoire en cuivre on n’employait q’une cuvette que l’on remplissait avec un simple brot. Puis avec l’arrivée de l’eau courante, la cuvette devint basculante à la fin du XIXème siècle, ce qui permettait de vider les eaux usées dans un réservoir, caché par un meuble. La robinetterie se trouvait donc très proche du bord pour ne pas éclabousser. Cela n’était gênant en rien pour sa toilette puisque l’on ne se lavait pas sous l’eau courante, la pression étant trop faible, comme c’est d’ailleurs toujours le cas en Angleterre. Cette spécificité rend difficile la restauration de la robinetterie de cette époque dont il faut modifier les mécanismes pour s’adapter aux pressions d’eau moderne, et même dans certains cas cela s’avère impossible et il faut installer des réducteurs de pression.
Avec la généralisation de l’eau courante et l’arrivée du tout à l’égout, le meuble perdit de son intérêt et fut très vite remplacé par le lavabo au XXème siècle. Seule les meubles de coiffeur ont réellement survécu durant les années 20/30.

Cette histoire des formes est d’abord le fruit d’artisans puis d’industriels tel Porcher ou Jacob Delafond. Ces derniers poussés par une demande croissante de matériels sanitaire, ont opté pour une production standardisée à plus grande échelle.
Ces industriels ont finis par abandonner la baignoire en cuivre pour la baignoire en zinc. Mais ce matériel moins onéreux que le cuivre n’était pas réparable et donc peu restaurable. Donc avec le développement des lavabos en porcelaine, fin du XIXème siècle, ils employèrent très vite cette technique pour concevoir des baignoires en porcelaine pleines puis creuses.
Cette histoire a rarement été écrite par des artistes. Au niveau de l’art nouveau et l’art déco, quelques artistes ont signé des salles de bains comme Rateau, mais se fut exceptionnel. Ce fut une période très brève, la fièvre créatrice n’a pas eu le temps d’atteindre les industriels du sanitaire, la guerre est arrivée trop top. Cette période du point de vue sanitaire n’a guère duré plus de 10 ans.
Cette spécificité de l’histoire de la salle de bains, fait qu’il n’existe pas de marché de l’art du sanitaire, car peu ou pas d’objet signé par des artistes mais par des industriels.

La suite fut marquée par une période de production de masse, il fallait reconstruire la France, et mettre de « l’eau à tous les l’étages », suivant la célèbre formule. L’esthétique n’avait alors plus réellement ça place dans cet univers. Ce n’est que très récemment, avec la conscience collective de la rareté de l’eau et de la redécouverte de ses vertus anti-stress que l’on a aussi redécouvert le plaisir esthétique d’une belle salle de bains. Même si l’histoire des formes anciennes est oublié de la plupart des créateurs, rares sont les personnes qui, dans le monde, les maîtrisent pleinement.

On peut donc dire, sans se tromper, que le concept de la salle de bains tel que nous l’utilisons aujourd’hui était totalement inventé au XIXème siècle. Même ce qui nous semble être des plus modernes comme les jets de massage existaient déjà sous forme de cabines de douche avec jet popularisés à cette époque. Il en est de même pour les bains à remous déjà utilisés dans les établissements thermaux, de même que le mitigeur thermostatique que l’on retrouve dans les catalogues de Porcher au tout début du XX ème siècle.

 
 
 
 
     
 
 
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